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Apis Mélifica 
Je ne connais personne du nom de Déborah Dommage J’aurais tant aimé connaître une femme du nom de Déborah Transformé en abeille je me poserai sur ses lèvres Son cœur s’affolera… Sous ma danse du ventre… Ça y’est, elle ne bouge plus ! De peur que je ne la pénètre d’un venin définitif… De peur que mon venin en sa bouche ne gicle Cela lui donnerait des lèvres silicones ! Inconciliable avec son éthique de l’esthétique Cela lui prescrirait des quantités de cortisones Qui gonfleraient encore Son teint de courtisane. Alors elle s’interdit S’inquiète de l’avenir Se répétant en boucle Les paroles de papa « Une abeille ! Tu ne bouges pas ! » Elle ne bouge pas. Pas une moue – Pas un tic Car moi sinon... Je la pique ! Et l’angoisse se lit sur son visage irlandais Tartiné de miel d’acacias : La suture ! la soudure ! L’hôpital ! la fièvre ! Et pour finir le bec de lièvre !
Et moi je fais mon fier Royal, sur mon derrière. Elle, avec ses yeux croisés De victime annoncée Sur sa lèvre supérieure Humide et immobile Elle louche, cherche une faille A ma jeune cuirasse, au revers de l’armure Et ses yeux sont géants sous ma contre-plongée au regard quadrillé Spécialistes dixit Je frissonne un peu des rayures Et meurs d’impatience de lui butiner le charnu. On s’observe en silence Duel : champ, contre champ Tout est dans le regard Pour qui le premier coup ? Une gifle salope sur mon destin de puce ? Ou je plante mon dard sur son mont de Vénus ? Qui dressera sur l’autre le terrible étendard ? Qui jouira du nectar ? Qui chantera victoire ?
L’avenir le dira, ou ne le dira pas. Ma seule certitude à l’issu du combat C’est que du jus d’abeille orgamastique à souhait Coulera triomphant sur la pulpe sublime !
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